OMS : Une action urgente s'impose pour lutter contre l'empoisonnement dû à l'exploitation artisanale de l'or en Afrique

Des ministres, des fonctionnaires et des experts de la santé de toute l'Afrique, de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et des Nations Unies se sont réunis aujourd'hui (6 novembre) pour faire avancer les actions visant à mettre fin aux effets néfastes de l'exploitation artisanale et à petite échelle de l'or sur la santé humaine et l'environnement.

Pratiquement tous les pays d'Afrique ont une forme ou une autre d'exploitation minière artisanale et à petite échelle, avec plus de 54 millions d'Africains qu’on estime dépendre de cette activité pour leur subsistance. « L'exploitation à petite échelle de l'or est une source cruciale de revenus pour des millions d'Africains, mais elle est souvent dangereuse, dommageable et, dans le pire des cas, mortelle pour les mineurs artisanaux », a déclaré le Dr Magaran Bagayoko, Directeur du Groupe des maladies transmissibles, Bureau régional de l'OMS pour l'Afrique.

Les mineurs d'or artisanaux et à petite échelle utilisent souvent du mercure, un produit chimique hautement toxique pour séparer leur or du minerai, ce qui met leur santé en grand danger. Il existe des solutions de rechange au mercure, mais pour de nombreux mineurs, qui travaillent de façon indépendante sans l'aide du gouvernement, le revenu l'emporte sur les risques pour la santé et l'environnement. Beaucoup des personnes impliquées dans cette activité cachée et souvent informelle font partie des couches les plus vulnérables de la société, les femmes représentant plus de 50% des mineurs.

« L'exposition au mercure élémentaire peut entraîner des handicaps permanents, une insuffisance rénale, des troubles de la parole, de la vue et des troubles cognitifs », a déclaré le Dr Bagayokoi. « Les femmes, les femmes enceintes et les enfants sont particulièrement exposés ».

Pour lutter contre l'empoisonnement au mercure, 24 pays de la région africaine de l'OMS ont maintenant adopté la Convention de Minamata sur le mercure, un traité mondial du nom d'une ville japonaise où une entreprise chimique a provoqué un empoisonnement massif au mercure il y a plusieurs décennies.

La convention charge les gouvernements et les entreprises de protéger les citoyens et les communautés des effets nocifs de l'exposition au mercure, notamment en appliquant des contrôles aux industries polluantes.

En ce qui concerne l'exploitation minière, la convention oblige les gouvernements à promouvoir des méthodes de traitement de l'or sans mercure, à prendre des mesures spéciales pour protéger les populations vulnérables contre l'exposition et à mettre fin aux pratiques particulièrement nocives dans le traitement de l'or provenant du minerai.

Pour sa part, l'OMS aide les gouvernements africains à lutter contre l'empoisonnement au mercure et d'autres risques sanitaires liés à l'exploitation minière artisanale en renforçant leurs systèmes de santé nationaux, en élaborant des manuels de formation pour les agents de santé, en aidant à créer des observatoires nationaux sur les produits chimiques et en lançant récemment un réseau régional de centres antipoison.

Lors d’un évènement organisé par l'OMS en marge de la troisième Conférence interministérielle sur la santé et l'environnement en Afrique, qui s'est tenu aujourd'hui au Gabon, des ministres et des responsables de tout le continent se sont réunis pour définir les moyens d'intégrer les interventions visant à résoudre les problèmes de santé liés au mercure et à d'autres questions relatives à l'exploitation artisanale de l'or dans les stratégies sanitaires publiques existantes.


Autre citation

Au Ghana, au Mozambique et au Nigéria, l'OMS, avec un financement du Fonds pour l'environnement mondial (FEM), entreprend des évaluations de la situation institutionnelle et sanitaire des communautés vulnérables dans le cadre des efforts déployés par ces pays pour élaborer des plans d'action nationaux sur l'exploitation artisanale à petite échelle de l'or.

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