Réunion sur les outils de gestion des épidémies

Des données sanitaires fiables et mises  à jour, y compris des données de surveillance, constituent un pilier indispensable pour renforcer les capacités des pays de la région  à détecter et répondre aux  épidémies et autres urgences de sante publique, à suivre la réponse et à évaluer son impact. La prise de décision en matière de santé publique dans les situations d'urgence nécessite des informations fiables. Une information précise, fiable et opportune est essentielle pour éclairer la prise de décision efficace dans tout le cycle de gestion des urgences de santé publique. Bien que des progrès aient été réalisés dans le domaine des technologies de l'information avec l'utilisation croissante d'appareils mobiles pour collecter et transmettre des données, les récentes épidémies ont montré que le partage régulier des informations restait un défi des systèmes de détection précoce, de collecte de données améliorée, d'amélioration de la qualité des données, de partage et d'analyse des données en temps voulu et d'une meilleure interopérabilité avec les systèmes de routine.

C’est dans cet esprit que l’OMS a réuni du 29 janvier au 02 février 2018 quelque 40 acteurs pour une consultation régionale à propos des outils de gestion des épidémies dans la région africaine de l’OMS. Parmi les participants, les représentants des ministères de la santé, les cadres en charge de la lutte contre la maladie des bureaux pays OMS et plusieurs partenaires comme  L’UNICEF, le CDC, l’IRD et l’Institut Pasteur.

Lors de l’ouverture de cette importante consultation initiée par l’Unité en charge de la gestion de l’information dans la Direction des Urgences de l’OMS AFRO (HIM AFRO), le Représentant de l’OMS au Sénégal, Dr Déo Nshimirimana a tenu à souligner les efforts du Bureau régional de l’OMS dans le renforcement de la sécurité sanitaire dans le cadre de l’«Agenda de Transformation », programme quinquennal de l’OMS dans la région africaine depuis l’élection de la Directrice régionale.

Il a ensuite insisté sur le rôle clé de l’information et la nécessité d’acquérir des connaissances nouvelles : « Vous aurez ainsi l’opportunité de vous familiariser avec ces nouveaux outils. Je suis certain qu’au terme de cet atelier, vous allez utiliser les compétences acquises pour améliorer la gestion des données et de l’information sur les épidémies dans vos pays respectifs. Le pouvoir étant dans l’information, vous contribuerez ainsi à la détection précoce et à la réponse efficace aux épidémies, donc à sauver des vies ».

La rencontre de Dakar a permis le partage d’expériences. La Tanzanie, le Malawi, le Niger entre autres ont présenté leur vécu en matière de collecte, analyse et interprétation des données. Constat fait par Dr Bénido Impouma, Conseiller régional en charge de l’information en matière d’urgences sanitaires et de l’analyse des risques, dans la plupart des pays des séries d’outils existent et le besoin d’harmonisation se pose comme étant une question prioritaire.

De nombreux outils existent dans les pays et c’est la réalité, dira la déléguée du ministère de la santé du Burkina. Pour Dr Sonia Konaté/Ouédraogo : « les outils de gestion des épidémies doivent être simples et surtout faciles d’utilisation parce que ceux qui collectent les informations sont des agents de première ligne qui se trouvent en milieu décentralisé ».

Pour les participants à la consultation, les bulletins épidémiologiques hebdomadaires produits par l’OMS sont particulièrement appréciés. Ils ont recommandé pour ce faire, que ces bulletins au contenu des plus utiles soient diffusés vers l’ensemble des décideurs des pays, Ministères de la santé mais également toutes les parties prenantes dans les urgences sanitaires. Il faudra donc le plus tôt penser à élargir la cible de diffusion des bulletins. Un bon point pour l’équipe en charge de sa production. A propos de la tenue de la consultation, c’est la satisfaction générale qui a été exprimée sur le  contenu technique avec un souhait de voir dupliquer cette initiative heureuse dans les pays, pour former les acteurs de terrain dans l’objectif de disposer de produits d’information de meilleure qualité et qui répondent aux besoins des décideurs.

Les partenaires invités à cette rencontre se disent également satisfaits. Pour Guillaume Constantin de Magny représentant IRD, « L’OMS fait preuve d’ouverture. Cette démarche est déterminante parce que chacun apporte sa contribution, son expérience. Il est important que l’OMS ait une approche globale qui intègre tous les acteurs.  Tous les partenaires pourront ainsi  faire le partage d’expérience, le retour d’expérience pour que les décisions prises par l’OMS soient optimale par rapport aux besoins et aux acquis de chacun ».  

Dans le même sens, Dr Gamou Fall de l’Institut Pasteur de Dakar, un centre collaborateur de l’OMS apprécie. « Cette démarche de l’OMS, je la trouve très bien parce que pour lutter contre toutes maladies infectieuses il faut une stratégie multifactorielle donc inclure tous les secteurs pour avoir une lutte efficace. C’est une démarche très intéressantes d’inclure les gens du laboratoire, des entomologistes, des épidémiologistes, tous les acteurs importants pour mieux lutter contre toutes les maladies ».

Retenons que l’objectif global de cette consultation était d’améliorer la qualité et l'actualité des données et informations collectées, analysées et interprétées lors d'événements de santé publique. Ceci, dans le but de limiter l'impact des épidémies et autres urgences de santé publique sur la santé des populations dans la région africaine.

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