Le Burkina Faso met en place la certification médicale des causes de décès
Ouagadougou – Le Burkina Faso franchit une étape importante dans le renforcement de son système de santé avec la mise en œuvre de la certification médicale des causes de décès, un outil essentiel pour produire des données fiables sur la mortalité. Ce dispositif permet de mieux orienter les politiques de santé publique, tout en répondant à des exigences légales et statistiques aux niveaux national et international.
Avec l’appui de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le pays s’est doté d’un système informatisé de collecte des données sur les causes de décès basé sur la version 11 de la Classification internationale des maladies (CIM-11).
Pour une meilleure appropriation de ce nouvel outil dont la phase pilote sera exécuté au niveau du Centre hospitalier régional de Ziniaré, du 18 au 20 mars 2025, une soixantaine de personnes, dont des médecins du Centre hospitalier régional (CHR) de Ziniaré, des délégués de la Direction régionale du Plateau central et ceux des directions centrales du Ministère de la Santé, ont été formées sur la certification médicale des causes de décès.
Ces praticiens de la médecine se sont familiarisés avec l’utilisation des outils et procédures d’établissement des causes de décès en utilisant la CIM-11. La formation de trois jours a mis l’accent sur l’aperçu des causes de décès et les situations particulières des blessés et les causes externes. Selon le Dr Timbila Sam, Directeur des services médicaux et techniques du CHR de Ziniaré, deux raisons principales expliquent la mise en œuvre de ce dispositif. « Il s’agit de la disparité dans la collecte des données d’une formation sanitaire à une autre au niveau national et de la détermination des causes de décès identifiés comme défis au niveau des praticiens », a-t-il expliqué.
Jusqu’à présent, la constatation des décès au CHR de Ziniaré se fait de façon informelle. Les données sont collectées sur papier, ce qui rend la recherche d’information difficile en cas de besoin, alors que la certification médicale des causes de décès joue un rôle important « En plus de rendre les statistiques fiables sur les causes des décès, l’implémentation de la certification médicale des causes de décès va renforcer la recherche, faire en sorte qu’on ait des éléments suffisants pour analyser les causes des décès et permettre aux praticiens d’éviter un certain nombre de choses pour donner plus de chances aux malades et éviter certains décès », a indiqué Zoromé Mady, Directeur général du CHU de Ziniaré et facilitateur de la formation. En effet, la certification médicale vise avant tout à fiabiliser les statistiques sur la mortalité, à renforcer la recherche médicale, et à améliorer la prise en charge des patients, en fournissant des données exploitables pour prévenir certains décès évitables.
Cet atelier vient à la suite de deux autres organisés à l’intention des acteurs du Ministère de la Santé et ceux de l’état civil. Ces rencontres ont permis d’identifier de manière consensuelle les indicateurs de suivi de la certification médicale des causes de décès et de procéder au paramétrage d’une application dédiée, déployée au CHR de Ziniaré dans le cadre de la phase pilote
Rose Diasso, la chargée d’information sanitaire au bureau de l’OMS au Burkina Faso a souligné que « ce projet s’inscrit dans une logique d’harmonisation avec les standards internationaux de certification des décès. Cela permet de comparer plus facilement les chiffres sur les causes de décès entre différents pays ».
Pour une expérience réussie de la certification des causes de décès, l’OMS encourage le CHR de Ziniaré à exceller dans le processus de collecte des données afin de faire de ce centre hospitalier un pôle de partage d’expérience avec les autres formations sanitaires du Burkina et d’autres pays qui n’ont pas encore entamé le processus.
L’expérience du CHR de Ziniaré en matière de certification des causes de décès nourrit beaucoup d’espoir de la part des autorités sanitaires et des partenaires.