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Allocution liminaire de la Représentante intérimaire de l'OMS en RDC lors du lancement de l'Initiative "Fleuve Congo Sans Ebola".

Allocution liminaire de la Représentante intérimaire de l'OMS en RDC lors du lancement de l'Initiative "Fleuve Congo Sans Ebola".
Allocution liminaire de la Représentante intérimaire de l'OMS en RDC lors du lancement de l'Initiative "Fleuve Congo Sans Ebola".
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Excellence Monsieur le ministre de la Santé Publique, Hygiène et Prévoyance Sociale ;
Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement ;
Mesdames et Messieurs les Représentants des agences des Nations Unies ;
Mesdames et Messieurs les Partenaires techniques et financiers ;
Mesdames et Messieurs les Représentants de la société civile ;
Distingués invités, en vos titres, grades et qualités respectifs ;

Aujourd'hui, nous ne lançons pas simplement un projet.

Nous lançons une ligne de défense.

Nous lançons une mobilisation nationale.

Nous lançons un engagement collectif pour protéger des millions de vies.

L'initiative « Fleuve Congo Sans Ebola » est née d'une conviction simple mais essentielle : lorsque le virus avance, nous devons avancer plus vite ; lorsque le risque s'étend, notre solidarité doit être encore plus forte ; lorsque des vies sont menacées, l'inaction n'est pas une option.

Depuis la déclaration officielle de la 17e épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo, le 15 mai 2026, notre pays fait face à l'une des urgences sanitaires les plus préoccupantes de ces dernières années.

Aujourd'hui, plus de 5 200 cas confirmés ont été enregistrés et plus de 2 500 personnes ont perdu la vie dans les six provinces touchées.

Derrière ces chiffres se cachent des femmes, des hommes, des enfants, des familles endeuillées, des communautés éprouvées et des agents de santé qui se battent chaque jour en première ligne.

Chaque décès est une tragédie.

Chaque nouveau cas est un rappel que l'épidémie demeure une menace réelle.

Chaque retard dans notre action peut coûter des vies.

Mesdames et Messieurs,

L'apparition des premiers cas à Kisangani a représenté un tournant majeur.

Elle a transformé une menace principalement localisée en un risque de propagation à grande échelle le long de l'un des axes les plus stratégiques du continent africain : le corridor du fleuve Congo.

Le fleuve Congo est le cœur battant de notre pays.

Il relie les provinces.

Il transporte les personnes, les marchandises, les opportunités et les espoirs.

Mais lorsque l'épidémie atteint ce corridor vital, ce même réseau de connexion peut devenir une voie de propagation accélérée de la maladie.

Des milliers de voyageurs empruntent quotidiennement ce corridor fluvial.

Des centaines d'embarcations relient les communautés riveraines.

Des dizaines de ports assurent la circulation des biens et des personnes entre Kisangani, Bumba, Lisala, Mbandaka, Kwamouth, Bolobo, Yumbi et Kinshasa.

Face à une telle réalité, nous n'avons pas le droit d'attendre.

Nous devons anticiper.

Nous devons prévenir.

Nous devons agir avant que le virus n'atteigne de nouvelles populations.

C'est précisément l'ambition de l'initiative « Fleuve Congo Sans Ebola ».

Cette initiative constitue une réponse stratégique, coordonnée et multisectorielle destinée à sécuriser les 1 734 kilomètres du corridor fluvial reliant Kisangani à Kinshasa.

Son objectif est clair :

Empêcher Ebola de suivre le fleuve.

Empêcher Ebola d'atteindre les grands hubs fluviaux.

Empêcher Ebola de se propager davantage aux communautés riveraines.

Empêcher Ebola de franchir de nouvelles frontières.

Pour y parvenir, les partenaires réunis autour de cette initiative concentreront leurs efforts sur six piliers fondamentaux :

  • le renforcement de la surveillance épidémiologique ;
  • la réduction des risques de transmission dans les unités flottantes, ports et points d'entrée ;
  • l'amélioration de la détection précoce et de la prise en charge ;
  • le développement de la communication sur les risques et de l'engagement communautaire ;
  • le renforcement de la coordination multisectorielle ;
  • l'intensification de la collaboration transfrontalière.

Mesdames et Messieurs,

Aucune institution, aucun ministère, aucune agence, aucun partenaire ne peut relever seul un défi de cette ampleur.

La réussite de cette initiative reposera sur notre capacité à travailler comme un seul front.

Je tiens à saluer le leadership du Gouvernement de la République démocratique du Congo, sous l'autorité de Son Excellence Monsieur le ministre de la Santé, ainsi que l'engagement remarquable des ministères sectoriels, des autorités provinciales, des équipes techniques, des communautés locales et de tous les partenaires impliqués dans la riposte.

Je voudrais également saluer la collaboration exemplaire entre l'OMS, l'OIM, l'UNICEF, le PAM et l'ensemble des acteurs qui ont contribué à la conception de cette initiative dans un temps extrêmement limité, démontrant qu'en situation d'urgence, la coopération sauve des vies.

Monsieur le Ministre,

L'histoire nous enseigne que les épidémies se gagnent ou se perdent dans les communautés.

Elles se gagnent lorsque les populations sont informées, protégées et engagées.

Elles se gagnent lorsque les autorités, les partenaires et les citoyens avancent ensemble dans la même direction.

Elles se gagnent lorsque la prévention arrive avant la maladie.

Aujourd'hui, nous avons l'opportunité de bâtir non seulement une réponse d'urgence, mais également un héritage durable de résilience sanitaire pour l'ensemble du bassin du Congo.

L'OMS réaffirme son engagement total aux côtés du Gouvernement congolais.

Nous resterons mobilisés.

Nous resterons solidaires.

Nous resterons présents aux côtés des communautés jusqu'à ce que cette épidémie soit maîtrisée.

Car notre objectif n'est pas seulement de contrôler Ebola.

Notre objectif est de sauver des vies.

De protéger Kinshasa.

De protéger toutes les communautés riveraines.

De protéger la République démocratique du Congo.

Et de préserver la sécurité sanitaire de toute la sous-région.

Je vous remercie de votre aimable attention.

Dre Anne Ancia, Représentante intérimaire de l’OMS en RDC