Cécité des rivières ou onchocercose : comment prévenir une maladie qui peut rendre aveugle
L’onchocercose, aussi appelée « cécité des rivières », touche encore des millions de personnes vivant près des rivières et des zones humides en Afrique. Pourtant, cette maladie peut être évitée grâce à un traitement simple, gratuit et distribué chaque année dans les communautés. Pour mieux comprendre comment elle se transmet, qui est le plus exposé et quels progrès sont réalisés, nous avons posé nos questions au Dr Didier Bakajika, expert à l’OMS Afrique.
1. Qu’est-ce que la cécité des rivières et comment se transmet-elle ?
La cécité des rivières, ou l’onchocercose, est une maladie causée par un petit parasite transmis par des petites mouches noires qui vivent près des rivières ayant des chutes et un courant rapide. Lorsqu’elles piquent une personne, elles peuvent transmettre des milliers de larves du parasite. Celles‑ci s’installent dans la peau, deviennent des vers adultes qui produisent des microfilaires pouvant, avec le temps, affecter la vue — d’où le nom de “cécité des rivières”.
2. Qui est le plus exposé et pourquoi certaines zones sont-elles plus touchées ?
Les personnes qui vivent ou travaillent près de ces rivières sont les plus exposées. Ces endroits sont idéaux pour la reproduction des mouches noires. Les villages situés près de ces zones sont donc davantage touchés, car les habitants y sont piqués très souvent, pendant des années. Même les personnes vivant plus loin peuvent être à risque, car les femelles adultes peuvent se déplacer sur de longues distances pour chercher du sang humain.
3. Peut-on se protéger sans traitement ?
Il est difficile de se protéger complètement, car les mouches noires sont très petites et piquent surtout pendant la journée. Certains gestes peuvent tout de même réduire le risque : éviter les endroits où elles sont nombreuses, porter des vêtements couvrants et limiter le temps passé près des rivières ayant un courant rapide.
Mais la protection la plus efficace reste le traitement annuel. Si vous vivez dans une zone endémique, il n’y a pas d’autre moyen sûr : vous devez prendre le médicament chaque année pour rester protégé. Ce traitement protège non seulement la personne qui le reçoit, mais aussi toute la communauté.
4. Comment se déroule le traitement et pourquoi doit-il être pris régulièrement ?
Le traitement consiste à prendre le Mectizan, un médicament gratuit, donné une fois par an. La dose est adaptée au poids ou à la taille de chaque personne. Ce traitement tue les jeunes parasites ou microfilaires présents dans le corps et protège contre les complications, notamment celles qui touchent la peau et la vue.
Comme les parasites adultes vivent longtemps, il est essentiel de prendre le Mectizan chaque année pendant plusieurs années pour interrompre durablement la transmission.
5. Comment les communautés contribuent-elles au succès des campagnes de traitement ?
Les communautés jouent un rôle essentiel. Elles choisissent des personnes volontaires formées pour distribuer les comprimées de Mectizan dans chaque communauté. Ces volontaires connaissent bien les habitants, ce qui facilite la sensibilisation, la distribution et le suivi du traitement. Leur engagement est l’un des facteurs clés du succès des campagnes et de la durabilité du programme.
6. Quels progrès récents ont été réalisés en Afrique ?
A ce jour, seul le Niger a éliminé la transmission de l’onchocercose en Afrique. Chaque année, les campagnes de masse avec le Mectizan atteignent des millions de personnes grâce au travail conjoint des gouvernements, des volontaires communautaires, et des partenaires techniques et financiers. Dans plusieurs pays, les progrès sont tangibles avec 24.8 millions de personnes vivant dans 208 districts sanitaires dans huit pays, ne nécessitant plus le traitement de masse contre l’onchocercose.
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