Formation sur la logistique de contingence et de réponse aux flambées en RDC: l'OMS accroît la capacité de réaction et les compétences des logisticiens nationaux du Ministère de la Santé Publique.

KINSHASA, 20 OCTOBRE 2017. Devant la multiplication des épidémies d'ampleur grandissante qui surviennent régulièrement en République Démocratique du Congo (RDC), - huit épisodes de la maladie à virus Ebola depuis 1976, des dizaines d'épidémies de choléra, de rougeole, de fièvre jaune etc. - avec des capacités logistiques limitées pour y faire rapidement et efficacement face, parfois dans des zones d'accès difficile, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a jugé utile d'appuyer le Ministère de la Santé Publique dans ce domaine, en organisant, du 14 au 25 octobre 2017 dans la zone de santé de Kinkole (Sud-est de Kinshasa), une formation sur la logistique de contingence et de réponse aux flambées épidémiques.

 

"L’analyse de cette situation a montré que la santé et la vie des populations ont toujours été mises à risque par le fait d'une préparation insuffisante pour répondre aux différentes situations d'urgence complexes en RDC. Les actions mises en œuvre pour une réponse d'urgence requièrent l’efficacité et l’efficience dans le domaine de la logistique qui permettent au pays de disposer d'un potentiel d'intervention sanitaire approprié," a indiqué le Dr Allarangar Yokouidé, Représentant de l'OMS lors de la séance d'ouverture de l'atelier le samedi 14 octobre 2017 au village Venus, dans la banlieue kinoise de Kinkole, où une trentaine d'apprenants venant du Ministère de la Santé Publique, de l'OMS et de la Croix-Rouge de la RDC ont pris leurs quartiers pour des séances théoriques et pratiques.

 

"Sans une logistique améliorée et coordonnée, toutes les batailles sur le front des interventions sanitaires ne peuvent aboutir qu'à une réponse inefficace," a indiqué pour sa part le Dr Benoit Kebela Ilunga, Directeur de la Direction de Lutte contre la Maladie (DLM) du Ministère de la Santé Publique, qui "souhaite que cette formation apporte un vrai transfert de compétence et de savoirs innovants aux logisticiens congolais".

 

Entre la théorie et la pratique, les logisticiens sélectionnés apprennent à être en capacité d'assurer les opérations de secours logistiques d'urgence pour mieux répondre aux besoins des victimes lors de grosses flambées épidémiques. La formation est assurée dans l'enceinte de l'hôpital général de référence de Kinkole, à quelques encablures du fleuve Congo, par une équipe de la logistique et d'appui opérationnel du Département des opérations d'urgence (OSL) du siège de l'OMS (Genève), en étroite collaboration du Bureau régional de l'OMS pour l'Afrique (AFRO) et de la Croix-Rouge de la RDC.

 

"On est ici pour quatre jours de pratique qui vont se scinder en deux parties: la partie Ebola sur deux jours et la partie choléra sur deux autres jours. Les groupes sont également divisés en deux. Il y a un groupe qui est directement déployé sur le Centre de traitement Ebola (CTE) pour mieux comprendre la gestion des flux des patients et soignants dans un CTE, comment on circule à l'intérieur et comment on prend en charge ces patients tout en évitant de s'infecter ainsi que la connaissance des bonnes pratiques pour la gestion des déchets et des décès etc. Et aussi comment assurer l'appui psychosocial aux familles des patients," explique Jean-Pierre Veyrenche, expert logisticien et consultant de l'OMS pour cette formation.

 

Il ajoute que l'autre groupe travaille sur trois ateliers précis, dont "le premier se focalise sur la conception d'un CTE pour pouvoir le construire; tandis que le deuxième atelier se concentre quant à lui sur les notions essentielles d'habillement avec les équipement de protection individuelle et les méthodes pour se déshabiller sans se contaminer, et aussi comment gérer et transporter les échantillons contaminés. Puis, le troisième atelier, c'est la gestion sécurisée des corps. On a également la participation active de la Croix-Rouge, qui prend en charge la partie communautaire, mais aussi hospitalière. Donc nous utilisons une approche holistique qui permet d'avoir une maîtrise technique pour le contrôle et la prévention des infections, et la partie purement psychosociale avec les familles".

 

En ce qui concerne le choléra, "on va monter un Centre de traitement du choléra (CTC), avec tous les intrants à l'intérieur qui permettent de mieux le faire fonctionner. Ce qui permet de voir comment un CTC peut être géré par un personnel médical et non médical," détaille Jean-Pierre Veyrenche.

 

Dans le Centre de traitement Ebola mis en place à Kinkole par Médecins Sans Frontières (MSF) en 2014 comme une structure d'accueil d'urgence de tout cas suspect de la maladie à virus Ebola, puis réhabilité en septembre dernier par l'OMS pour les besoins de la formation, les apprenants y sont une dizaine avec leur encadrant pour maîtriser les bons gestes et les mesures strictes à observer quand on est à l'intérieur d'un CTE pour éviter de s'infecter.

 

Pour bon nombre d'entre eux, cette connaissance pratique, proche de la réalité, est cruciale dans cette formation. "C'est très utile de travailler ensemble. Ce mélange d'expérience, puis des notions pratiques avec des gestes répétés une, deux, trois fois, et tout ce que nous voyons dans cette structure: 'zone rouge, zone verte', la gestion des différents points d’eau, de déchets etc. Tout ça nous permet d'améliorer notre savoir-faire logistique et la coordination des opérations sur le terrain, notamment dans les zones d'intervention en ce qui concerne la gestion des équipements et l'approvisionnement en intrants," explique de son côté Belinda Ayumuna Malasi, une apprenante du Programme national des urgences et action humanitaire (PNUAH) du Ministère de la Santé Publique.

 

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