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Malgré les progrès, des millions de personnes risquent encore d’être privées de services de santé essentiels dans la Région africaine

Malgré les progrès, des millions de personnes risquent encore d’être privées de services de santé essentiels dans la Région africaine
Malgré les progrès, des millions de personnes risquent encore d’être privées de services de santé essentiels dans la Région africaine
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Lomé– Malgré les progrès réalisés dans l’accès aux services de santé essentiels dans la Région africaine de l’OMS, la croissance démographique dépasse le rythme de ces avancées. Le nombre de personnes ne bénéficiant pas d’une couverture complète par les services de santé essentiels est passé de 576 millions en 2017 à environ 609 millions en 2025 et pourrait atteindre 652 millions d’ici à 2030 si le rythme actuel des progrès reste inchangé.

Cette tendance met en évidence un défi majeur pour la Région : les progrès ne sont pas encore suffisamment rapides pour répondre aux besoins d’une population en pleine croissance. À seulement quatre ans de l’échéance de 2030, les pays devront accélérer leurs efforts pour atteindre les populations encore laissées de côté, tout en veillant à ce qu’un meilleur accès aux services se traduise par des soins de qualité et sans difficultés financières.

La protection financière demeure également un défi majeur. Les difficultés financières liées aux dépenses de santé restent pratiquement inchangées, avec une moyenne situant autour de 33 % en 2017 comme en 2025. En raison notamment de la croissance démographique, le nombre de personnes concernées serait passé de 391 millions en 2017 à 491 millions en 2025 et pourrait atteindre 561 millions d’ici à 2030. Ces données soulignent l’urgence d’une meilleure protection financière pour que l’accès aux soins ne rime pas avec appauvrissement.

C’est dans ce contexte que les directeurs de la planification et de hauts responsables de la santé publique des 47 États Membres de la Région africaine de l’OMS se réunissent à Lomé, au Togo, du 15 au 17 septembre. Ils vont faire le bilan des progrès accomplis vers la couverture sanitaire universelle (CSU), examiner les principaux obstacles qui freinent les avancées et identifieront les priorités et les actions concrètes nécessaires pour accélérer les progrès d’ici à 2030 et au-delà.

« La Région africaine a démontré qu’il est possible de progresser vers la couverture sanitaire universelle. Mais les données montrent clairement que le rythme actuel ne suffira pas. Nous devons accélérer les progrès, renforcer les soins de santé primaires et faire en sorte que chacun puisse accéder aux soins de qualité dont il a besoin sans subir de difficultés financières. Dans le même temps, nos approches doivent tenir compte des réalités et des besoins propres aux différents pays de la Région », a déclaré le Dr Abdourahmane Diallo, Directeur de la Gestion des Programmes. 

Depuis l’adoption, en 2017, du Cadre d’action régional pour la CSU, les pays ont réalisé d’importants progrès. Le nombre de pays affichant un indice de couverture des services inférieur à 40 est passé de 17 en 2017 à seulement deux en 2025. Toutefois, la majorité des pays demeurent dans la fourchette de 40 à 59 et, selon les trajectoires actuelles, aucun État Membre ne devrait atteindre un indice de 80 d’ici à 2030. Cela montre que si les progrès sont réels, ils restent insuffisants pour atteindre les objectifs fixés.

Le contexte a également considérablement évolué depuis 2017. Les changements démographiques, l’évolution de la charge de morbidité, les inégalités persistantes, les urgences sanitaires récurrentes, les changements climatiques et les contraintes budgétaires croissantes exercent une pression supplémentaire sur les systèmes de santé. Ces réalités renforcent la nécessité d’adapter les approches aux besoins et aux contextes propres à chaque pays.

Le renforcement des soins de santé primaires sera au cœur de cette nouvelle phase. Des soins de santé primaires performants permettent de rapprocher les services de qualité, intégrés et continus des populations et des communautés. L’accélération des progrès vers la CSU nécessitera également une meilleure protection financière, des personnels de santé adaptés aux besoins, un accès fiable aux produits et technologies de santé essentiels et une meilleure utilisation des données pour orienter les décisions.

Au cours des trois jours de réunion, les pays examineront les données disponibles et partageront leurs expériences afin d’identifier ce qui fonctionne, les domaines dans lesquels les progrès ont été réalisés et les changements nécessaires. Les discussions permettront de définir des priorités concrètes et des approches adaptées aux différents contextes nationaux plutôt que d’appliquer un modèle unique à l’ensemble de la Région.

La réunion contribuera également à faire évoluer l’approche régionale de la CSU, en tirant les enseignements de la mise en œuvre du cadre de 2017 et en orientant les priorités stratégiques à l’horizon 2030 et au-delà, conformément au Plan stratégique 2030 et à la Vision régionale 2035 de l’OMS pour l’Afrique.

À seulement quatre ans de l’échéance de 2030, la prochaine phase de la CSU dans la Région africaine doit être celle de l’accélération, et non de la simple poursuite des efforts, afin que les progrès se traduisent par des soins de qualité, accessibles à tous sans difficultés financières.