Konindou, Guinée - À l’occasion de la Journée mondiale de la sage-femme, célébrée chaque 5 mai, le Bureau de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en Guinée met en lumière le travail de Hawa Camara, affectueusement appelée « Tantie Hawa », sage-femme au centre de santé de Konindou, dans la préfecture de Dabola en République de Guinée.
Selon le ministère de la Santé, le taux de mortalité maternel entre 2023 et 2024 est estimé à 550 décès pour 100 000 naissances vivantes, la mortalité néonatale est de 32 pour 1000 naissances vivantes et la mortalité infantile est de 62 à 67 décès pour 1 000 naissances vivantes.
Cette édition, placée sous le thème « Un million de sages-femmes de plus », souligne l’urgence de renforcer les ressources humaines en santé maternelle afin de réduire les décès évitables des mères et des nouveau-nés.
Une « donneuse de vie » au service des communautés rurales
Dans la localité rurale de Konindou où l’accès aux soins reste limité, Tantie Hawa incarne bien plus qu’une professionnelle de santé. Elle est une référence communautaire, une confidente et, pour de nombreuses femmes, une véritable figure maternelle. Depuis 2017, elle assure le suivi des femmes enceintes, assiste les accouchements et accompagne les mères dans la période postnatale.
Son rôle de sage-femme s’inscrit pleinement dans la définition reconnue par les normes internationales : une professionnelle formée pour assurer la prise en charge de la femme et du nouveau-né avant, pendant et après la naissance.
Dans un contexte où la mortalité maternelle demeure un défi majeur en Guinée, son engagement quotidien contribue directement à sauver des vies.
Une présence constante, même dans les situations d’urgence
À Konindou, les habitants décrivent une disponibilité sans faille. « Même la nuit, elle répond présente. Quand une femme entre en travail, on court chercher Tantie Hawa avant tout », témoigne Saran Camara, mère de trois enfants.
Comme de nombreuses sages-femmes en zones rurales, elle exerce dans des conditions parfois difficiles : insuffisance de matériel médical, coupures d’électricité, accès limité à l’eau potable. Malgré ces contraintes, elle poursuit son travail avec constance et dévouement.
Le centre de santé est ainsi devenu un espace de confiance, où les accouchements se déroulent désormais dans de meilleures conditions de sécurité, réduisant les risques de complications.
Au-delà des soins : une actrice de sensibilisation communautaire
Le travail de Tantie Hawa ne se limite pas à la salle d’accouchement. Elle mène régulièrement des séances de sensibilisation sur le suivi de grossesse, des conseils en planification familiale, des échanges avec les familles et les hommes pour promouvoir les consultations prénatales.
Dans un environnement où les normes sociales et les pratiques traditionnelles influencent encore fortement les comportements de santé, elle joue un rôle essentiel de médiation entre la médecine moderne et la communauté. Notamment pour les cas référés à Dabola centre.
Une reconnaissance silencieuse mais profonde
À Konindou, Hawa Camara ne détient ni distinction officielle ni titre honorifique. Pourtant, elle bénéficie d’une reconnaissance unanime au sein de la communauté. Chaque naissance qu’elle accompagne, chaque mère qu’elle rassure et chaque vie qu’elle contribue à sauver renforcent son statut d’actrice essentielle de santé publique.
Dans les zones rurales comme Konindou, l’impact des sages-femmes reste déterminant pour atteindre les objectifs de santé maternelle. L’histoire de Tantie Hawa illustre avec force une réalité simple mais essentielle, derrière chaque naissance réussie, il y a souvent une sage-femme engagée, et derrière chaque progrès en santé maternelle, il y a des femmes comme elle.



