DFC : un outil efficace pour la coopération de l’OMS avec le pays
Le DFC (Direct Financial Cooperation) est l’outil par excellence de l’OMS dans le cadre de l’appui financier accordé au pays sur la base de la coopération entre les deux parties.
Le DFC est défini comme « un mode de Paiement effectué par l’OMS pour couvrir des couts d’activités du gouvernement dans le but de renforcer les capacités du système de santé, d’accroitre son efficacité et ainsi permettre aux autorités de remplir leurs engagements ». Dans ce sens, le bureau de l’OMS Niger comme les autres de la sous-région utilise cet outil et ce mécanisme de coopération pour apporter un appui conséquent et efficace au pays dans le cadre de la mise en œuvre de sa stratégie de coopération avec le pays.
Respecter les principes et règles du DFC pour une efficacité du mécanisme
Le DFC étant un système permettant la mise à la disposition du partenaire des fonds pour la mise en œuvre des activités, il est important de rappeler que le respect des principes de l’utilisation de cet outil est une condition incontournable pour la réussite de sa mise en œuvre. C’est ainsi que le bureau pays s’assure d’abord du respect des conditions basiques telles que : la réalisation de l’activité décrite dans l’accord trois mois au plus tard à compter de la date de signature dudit accord ; La conformité des dépenses tel que approuvé dans le budget ; Les chèques ou transferts bancaires sont émis à des institutions et non aux individus ; et un rapport technique de résultat et de certification de dépenses doit être préparé sur le formulaire d’autorisation de financement et certification de dépenses (FACE) dans un délai de trois mois à compter de la date de fin d’activités.
L’expérience du Niger : renforcement de la communication interne et externe pour une meilleure gestion des DFC
« La gestion des DFC avec les partenaires du gouvernement a été pendant longtemps une véritable épine dans le pied pour le bureau. En début d’année 2017 environ une centaine de DFC sont restés non justifiés pour le compte de l’année 2016 et antérieure» a indiqué Mme Kane Fanna, la chargée des opérations au bureau pays du Niger.
Conformément aux directives de l’agenda de transformation de RD, le blocage occasionné dans la mise en œuvre des activités en partenariat avec le ministère de la santé du fait de la non justification des fonds alloués au pays a amené le bureau pays a réfléchir sur les solutions les plus pragmatiques, pour non seulement en finir avec les dossiers antérieurs, mais aussi et surtout ne plus retomber dans ce même cycle qui risque de porter atteinte à l’efficacité de l’appui que l’OMS est tenu d’apporter au pays.
« Cette situation nous interpelle tous, nous devons agir en conséquence pour trouver toutes les solutions possibles », le ton a ainsi été lancé par le Représentant lors de la réunion de staff tenu à cet effet. Un sous-comité a été mis en place sous l’égide de l’administration composé de la Présidente de l’association et de 3 membres du staff professionnel chargé du suivi de la situation des DFC et des DI, de faire des propositions concrètes et de rendre compte à tout le staff chaque semaine de l’avancée de la situation. Ce sous-comité a élaboré un plan de résolution des problèmes qui a permis de dégager les actions prioritaires dont entre autres : l’identification avec l’administration des programmes concernés et de leurs gestionnaires directs au sein du ministère pour une meilleure communication et échange directe sur les goulots d’étranglements et solutions, le point sur les activités effectivement réalisées et non réalisées, l’élaboration d’une correspondance à l’intention du Ministre de la santé publique pour présenter la situation des DFC en retard de justification et ceux en cours, l’organisation de rencontres régulières entre le staff professionnels d’une part, et entre le staff du bureau et ceux du MSP d’autre part. Ces rencontres régulières entre les chefs de programmes de l’OMS et leurs homologues du MSP sous la coprésidence du SG/MSP et du WR ont permis d’assurer le suivi très rapproché des DFC et d’accélérer la transmission des justificatifs.
Selon Dr Pana, Représentant de l’OMS au Niger, « Ce cadre crée a permis de renforcer la communication interne et externe et a aidé à clarifier la situation des deux côtés de partenariat. Aussi, les échanges ont permis de briefer les cadres du MSP pour une meilleure compréhension des procédures de l’OMS. »
Ces réunions avec les directeurs centraux du ministère de la santé sous la présidence du Secrétaire Général, Représentant le Ministre ont été l’occasion de situer les responsabilités et de décider ensemble des actions requises pour une solution durable au problème et une meilleure utilisation de cet important outil de coopération qu’est le DFC. « Nous sommes conscients de la responsabilité et la redevabilité de nos structures vis-à-vis des partenaires mettant des ressources à notre disposition pour la réalisation des activités. » a souligné le Dr Abaché, Secrétaire Général du MSP, lors de la première rencontre entre l’OMS et le MSP sur la question. Il a exprimé sa peine de voir la mise en œuvre de nouvelles activités suspendue du fait de retard dans la justification des ressources déjà allouées.
Maintenir la communication et assurer le suivi pour pérenniser les acquis
Ainsi, depuis la mise en place de ce cadre d’échange, de partage d’informations et de suivi, un plan de résolution de la situation a été établi. La mise en œuvre conjointe des actions a permis de solder 100% des DFC non justifiés pour le bureau pays du Niger à la date de 14 août 2017.
L’implication des responsables de premier niveau du ministère ainsi que l’organisation et la détermination du staff de l’OMS ont été la clé de cette réussite. Engagement fut pris de part et d’autre pour œuvrer de concert afin que pareille situation de retard ne puisse plus se reproduire.