Bangui – La République centrafricaine (RCA) a célébré en différé la Journée mondiale de la santé, marquant un engagement renforcé en faveur de la science pour mieux protéger la santé des populations.
Alignée sur le thème mondial « Unissons-nous pour la santé, soutenons la science », cette édition a mis en avant une priorité nationale majeure : la lutte contre les médicaments de qualité inférieure et falsifiés (MQIF). Un choix stratégique qui illustre une réalité essentielle : sans science, il ne peut y avoir ni médicaments sûrs, ni traitements efficaces, ni confiance durable dans le système de santé.
Placée sous le très haut patronage du Président de la République, Son Excellence le Professeur Faustin-Archange Touadéra, la cérémonie officielle a été marquée par un geste fort : la remise volontaire de faux médicaments par des vendeurs issus du circuit informel, suivie de leur destruction publique.
Au-delà de sa portée symbolique, cette action traduit une volonté collective de rompre avec des pratiques dangereuses qui exposent les populations à des traitements inefficaces, voire nocifs.
À cette occasion, le Chef de l’État a annoncé le lancement officiel des activités du Comité interministériel de coordination de la lutte contre les médicaments de qualité inférieure et falsifiés. Il a appelé à une mobilisation générale pour freiner la circulation de ces produits dangereux, soulignant que rejeter les médicaments falsifiés, c’est sauver des vies, et que soutenir la science, c’est protéger l’avenir.
La problématique des faux médicaments est étroitement liée à celle de la résistance aux antimicrobiens, aujourd’hui considérée comme une menace majeure de santé publique. En RCA, le taux de résistance est estimé à 85 %, un niveau particulièrement préoccupant qui souligne l’urgence d’une réponse fondée sur des données scientifiques fiables et des mécanismes de régulation renforcés.
Dans son intervention, la Représentante par intérim de l’OMS en RCA, la Dre Caroline Clarinval, a rappelé que sans science, il n’y a pas de progrès durable en santé, et que sans solidarité, il n’y a pas d’impact à grande échelle. Elle a également mis en garde contre les conséquences des médicaments falsifiés, qui compromettent les traitements, favorisent les échecs thérapeutiques, accélèrent la résistance aux antimicrobiens et affaiblissent la confiance des populations envers les services de santé.
La visite des stands scientifiques par le Président de la République a permis de mettre en lumière plusieurs travaux de recherche menés au niveau national, notamment sur la résistance aux antimicrobiens liée à des maladies telles que la tuberculose, le VIH et le paludisme, sur les plantes médicinales comme alternatives thérapeutiques, ainsi que sur les mécanismes de lutte contre les circuits informels de distribution des médicaments.
Ces initiatives illustrent le rôle central de la science dans l’orientation des politiques publiques et dans la mise en place de solutions adaptées aux réalités du pays.
Au-delà de la célébration, cette Journée mondiale de la santé a servi de cadre à un appel à l’action. Les autorités ont exhorté les populations à privilégier des médicaments de sources sûres, les professionnels de santé à respecter les normes et l’éthique, les partenaires à poursuivre leur appui et la jeunesse à s’engager comme actrice du changement.
En articulant étroitement le thème mondial et la priorité nationale, le pays envoie un message clair : soutenir la science, c’est agir concrètement pour sauver des vies, renforcer la sécurité sanitaire et bâtir un système de santé plus résilient.