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Le Congo valide un état des lieux de ses établissements de santé

Le Congo valide un état des lieux de ses établissements de santé
Le Congo valide un état des lieux de ses établissements de santé
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Disposer de données fiables sur les capacités réelles des établissements de santé est indispensable pour progresser vers la couverture sanitaire universelle et améliorer durablement la qualité des soins. C’est dans cette perspective que le ministère de la Santé et de la Population, avec l’appui de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), du Fonds mondial et d’autres partenaires, a organisé ce 18 juin 2026 à Brazzaville l’atelier national de validation finale du rapport de l’Évaluation Harmonisée des Établissements de Santé (HHFA) 2023-2024.

Réalisée dans les 12 départements du pays auprès de 335 formations sanitaires, l’enquête a bénéficié de l’appui technique et financier de l’OMS, qui a accompagné l’adaptation de l’outil d’évaluation au contexte congolais, la définition des indicateurs, la formation des équipes de terrain, la collecte numérique et l’analyse des données. Cet appui a permis de garantir une évaluation conforme aux standards internationaux et de produire des données fiables pour orienter les futures réformes du système de santé.

Les résultats de l’évaluation montrent que le Congo dispose d’une couverture relativement satisfaisante des services de santé de base. Toutes les formations sanitaires évaluées offrent des consultations ambulatoires et 87 % proposent des services d’hospitalisation. Toutefois, cette disponibilité masque d’importantes disparités dans l’accès et la qualité des soins. Les services destinés aux adolescents restent présents dans moins d’un quart des structures, la santé mentale dans moins de 10 %, tandis que la prise en charge du VIH, de la tuberculose et des maladies tropicales négligées demeure encore insuffisamment intégrée dans les soins de santé primaires. Plus de la moitié des services spécialisés sont concentrés à Brazzaville et Pointe-Noire, limitant l’accès des populations vivant dans les départements les plus éloignés.

L’enquête met également en évidence des défis importants en matière de capacité opérationnelle. Moins de 10 % des établissements sont accessibles aux personnes à mobilité réduite. Environ 65 % du personnel qualifié est concentré dans les zones urbaines, seuls 50 % des équipements biomédicaux sont pleinement fonctionnels et moins de 30 % des structures disposent d’un système opérationnel de maintenance biomédicale. Plus de 40 % des formations sanitaires connaissent des ruptures de médicaments essentiels, tandis que les soins obstétricaux et néonataux d’urgence, essentiels pour réduire la mortalité maternelle et infantile, ne sont pleinement assurés que dans une faible proportion des structures. Ces insuffisances se traduisent concrètement par des difficultés d’accès à des soins de qualité, en particulier pour les populations rurales, les femmes enceintes, les nouveau-nés et les personnes atteintes de maladies chroniques.

Ouvrant les travaux au nom du Ministre de la Santé et de la Population, le Conseiller à la santé, Dr Jean-Claude Mobousse, a rappelé que « la disponibilité de données fiables, actualisées et pertinentes demeure une condition essentielle pour orienter les décisions stratégiques, améliorer l’allocation des ressources et renforcer la performance de notre système de santé ».

De son côté, le Dr Mbemba Guy Michel, chargé de la santé de la reproduction à l’OMS Congo, a souligné que « le rapport est un outil stratégique de pilotage qui ne se limite pas à mesurer, mais vise à orienter l’action, combler les lacunes identifiées et garantir que chaque citoyen ait accès à des soins de qualité, partout sur le territoire national ». Il a également relevé que ces résultats interviennent à un moment stratégique, alors que le pays se prépare à l’évaluation finale du Plan national de développement sanitaire 2022-2026 et à l’élaboration des nouvelles orientations alignées sur le Plan national de développement 2027-2031.

La validation de ce rapport marque une étape déterminante pour le système de santé congolais. Au-delà du diagnostic qu’il dresse, il fournit aux autorités sanitaires et aux partenaires une base solide pour orienter les investissements, réduire les inégalités d’accès aux soins et renforcer la qualité des services. Les résultats serviront notamment à l’évaluation finale du Plan national de développement sanitaire 2022-2026 et à la préparation des futures réformes alignées sur le Plan national de développement 2027-2031, avec pour ambition d’accélérer la marche vers la couverture sanitaire universelle et de garantir à chaque Congolais des soins de santé sûrs, accessibles et de qualité.