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Choléra en République du Congo : l’OMS rapproche la riposte des communautés

Choléra en République du Congo : l’OMS rapproche la riposte des communautés
Choléra en République du Congo : l’OMS rapproche la riposte des communautés
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À Mombenzele, dans le département de la Likouala, les déplacements se font principalement par pirogue le long du fleuve Oubangui. Dans cette région difficile d’accès, où l’accès à l’eau potable et aux services de santé reste limité, les populations ont été particulièrement exposées à la résurgence du choléra.

Au 14 juin 2026, la République du Congo comptabilisait 1 531 cas de choléra et 127 décès répartis dans six départements. Avec 316 cas, soit 20,6 % des cas notifiés au niveau national, la Likouala figurait parmi les départements les plus touchés, avec un taux de létalité préoccupant de 10,1 %, faisant de ce département une priorité pour les interventions de riposte.

Face à cette situation, le Ministère de la Santé et de la Population, avec l’appui de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a renforcé la réponse dans plusieurs localités de la Likouala en rapprochant les services essentiels des communautés.

L’une des actions majeures a été la mise en place d’une unité de traitement du choléra (UTC) à Mombenzele. Conforme aux normes internationales, cette structure assure désormais une prise en charge rapide et sécurisée des patients tout en limitant les risques de transmission. Entre le 31 mai et le 14 juin 2026, alors que le nombre de cas dans la Likouala est passé de 259 à 316, le nombre de décès n’a augmenté que de trois cas, faisant reculer le taux de létalité de 11,2 % à 10,1 %. Dans le district d’Impfondo, aucun décès n’a été enregistré parmi les nouveaux cas notifiés durant cette période, suggérant qu’un accès plus rapide aux soins contribue à réduire la mortalité liée au choléra.

L’OMS a également soutenu la disponibilité des soins grâce à la fourniture de médicaments, d’équipements médicaux et d’intrants nécessaires à la prise en charge des cas. Ces dotations ont contribué à renforcer les capacités opérationnelles des structures de santé locales confrontées à une augmentation des besoins.

Parallèlement, plusieurs actions ont été menées pour améliorer la prévention de la maladie. Des intrants destinés au traitement et à la sécurisation de l’eau ont été mis à disposition des communautés, tandis que les activités de promotion de l’hygiène ont été intensifiées afin de réduire les risques de contamination. Si ces interventions n’ont pas encore permis d’inverser la tendance épidémique, elles contribuent à renforcer les capacités de prévention et de détection précoce au sein des communautés, tout en favorisant un recours plus rapide aux soins et une réduction progressive de la létalité.

La communication sur les risques et l’engagement communautaire a constitué un autre pilier essentiel de la riposte. Au total, 3 030 personnes ont été sensibilisées le long de l’axe fluvial, dont 1 503 femmes, 905 hommes, 521 enfants et 101 personnes autochtones. Treize églises et quatre écoles ont été mobilisées pour diffuser les messages de prévention, tandis que 30 relais communautaires ont été formés à la détection précoce des cas, à la notification et à la sensibilisation des populations.

Pour Bahonda François, chef du Centre de santé intégré de Mombenzele, ces appuis ont permis d’améliorer significativement la capacité de réponse locale.

« Aujourd’hui, grâce aux équipements et aux formations reçus, nous sommes mieux préparés pour prendre en charge les malades et protéger les populations », explique-t-il.

Les effets de ces interventions sont également perceptibles au sein de la communauté. Le chef du village de Mombenzele, M. Bamobea Nicaise,  souligne que les populations se sentent davantage protégées grâce aux actions menées sur le terrain.

« Nous sommes satisfaits de l’appui reçu. Les populations sont rassurées et nous espérons que le soutien se poursuivra, notamment pour les médicaments et les produits de traitement de l’eau », témoigne-t-il.

Malgré ces avancées, l’accès durable à l’eau potable demeure un défi majeur. Cette situation rappelle que la lutte contre le choléra ne repose pas uniquement sur la prise en charge médicale, mais également sur des investissements durables dans l’eau, l’assainissement et l’hygiène.

Pour le Dr Kandako Youba, chargé des urgences au Bureau de l’OMS au Congo, l’expérience de la Likouala démontre l’importance d’investir dans les capacités locales.

« En renforçant les services de santé, la surveillance communautaire et les actions de prévention, nous contribuons à mieux protéger les populations vivant dans les zones les plus difficiles d’accès », souligne-t-il.

Aujourd’hui, les interventions se poursuivent dans d’autres localités à risque de la Likouala. Chaque agent de santé renforcé, chaque relais communautaire formé et chaque famille sensibilisée constitue une protection supplémentaire contre le choléra et les futures urgences sanitaires.