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Comores : à la recherche des solutions pour briser la dépendance à la nicotine.

Comores : à la recherche des solutions pour briser la dépendance à la nicotine.
Comores : à la recherche des solutions pour briser la dépendance à la nicotine.
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Moroni, le 9 juin 2026 - lors de la célébration de la Journée mondiale sans tabac, autorités sanitaires, partenaires de la société civile et Organisation mondiale de la Santé (OMS) ont lancé un appel commun : faire du sevrage tabagique une priorité nationale. Cette mobilisation intervient alors que les Comores font face à un défi de santé publique persistant. Selon les données nationales disponibles, environ 13 % des adultes consomment du tabac fumé. Chez les hommes, cette proportion atteint près d’un quart de la population, tandis que l’usage du tabac sans fumée concerne près de deux personnes sur dix.

Mais derrière ces chiffres se cachent des parcours individuels. À Moroni, Mmadi, 19 ans, raconte avoir commencé à fumer au lycée. Aujourd’hui, il veut arrêter, mais ne sais pas comment faire. Comme lui, de nombreux consommateurs expriment le souhait d’abandonner le tabac mais se retrouvent confrontés à la dépendance à la nicotine.

Selon l’OMS, près de 60 % des consommateurs de tabac souhaitent arrêter. Pourtant, sans accompagnement adapté, cette volonté se transforme souvent en tentatives infructueuses. À Anjouan, Salama, 17 ans, évoque une autre réalité : celle de la cigarette électronique. « On pensait que c’était moins dangereux. Maintenant, j’ai du mal à m’en passer. » Son témoignage, diffusé par un journal local, illustre une préoccupation croissante à l’échelle mondiale : l’augmentation de l’usage des produits nicotiniques chez les adolescents.

Le thème retenu cette année par l’OMS, « Démasquons les tactiques de séduction – luttons contre la dépendance à l’égard du tabac et contre l’addiction nicotinique », met en lumière les stratégies utilisées pour attirer de nouveaux consommateurs, notamment les plus jeunes. À travers des emballages attractifs, des arômes variés ou encore des campagnes de marketing ciblées, l’industrie du tabac et de la nicotine continue de séduire les adolescents.

Au niveau mondial, près de 40 millions de jeunes âgés de 13 à 15 ans consomment déjà du tabac et 15 millions utilisent des cigarettes électroniques. Les experts alertent sur le fait que la majorité des fumeurs adultes ont commencé avant l’âge de 18 ans.

Comme l’a rappelé le Directeur régional de l’OMS pour l’Afrique dans un message lu lors de la cérémonie : « La dépendance à la nicotine n’est pas accidentelle ; elle est conçue. »

Face à cette situation, les autorités comoriennes réaffirment leur engagement à protéger la population, en particulier les jeunes. Le ministre de la Santé, Ahamadi Sidi, a souligné que le tabagisme reste un problème de santé publique nécessitant une vigilance constante. Le pays dispose déjà d’un cadre juridique important, avec la ratification de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac en 2006 et l’adoption d’une loi nationale en 2011. Toutefois, la mise en œuvre complète de ces mesures demeure un défi.

Pour la Représentante de l’OMS aux Comores, Dr Triphonie Nkurunziza, les bénéfices de l’arrêt du tabac sont pourtant rapides et bien documentés. « Après l’arrêt, le corps commence à récupérer en quelques minutes, et le risque de maladies cardiovasculaires diminue fortement au bout d’un an. »

Pour de nombreux experts, la prochaine étape consiste à rendre les services de sevrage plus accessibles à toute la population. Conseils professionnels, soutien psychologique, accompagnement des jeunes, lignes d’assistance ou intégration du sevrage dans les services de santé primaire figurent parmi les pistes évoquées pour répondre aux besoins des consommateurs qui souhaitent arrêter.

L’ONG ACATA intervient depuis des années sur le terrain pour sensibiliser la population sur les effets néfastes de tous les types de tabac. Oustadh Safar rapporte par expérience, le cas d’un père de Ngazidja qui a décidé d’arrêter de fumer dès que son fils a eu 6 ans. « Il ne voulait pas qu’il grandisse en pensant que fumer est normal. » Son histoire, relayée par un journal local, rappelle que derrière chaque arrêt du tabac se trouve souvent une motivation profonde : protéger sa santé, celle de sa famille et son avenir.

La lutte contre le tabac ne se limite pas à réduire la consommation actuelle. Elle vise aussi à empêcher que de nouveaux jeunes deviennent dépendants à la nicotine. Pour l’OMS et ses partenaires, l’objectif est clair : renforcer la prévention, mieux appliquer les mesures de contrôle du tabac et développer des services d’aide à l’arrêt afin que chaque personne souhaitant abandonner cette addiction puisse trouver un soutien adapté.

Car au-delà des statistiques, la Journée mondiale sans tabac rappelle une réalité simple : chaque fumeur qui parvient à arrêter représente une vie mieux protégée, une famille préservée et un pas de plus vers des Comores en meilleure santé.