Moroni, le 20 juin 2026 – La lutte contre la résistance aux antimicrobiens (RAM) franchit une nouvelle étape aux Comores. Réunis cette semaine dans les locaux de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les représentants du ministère de la Santé, de l’OMS, ainsi que les partenaires du Quadripartite RAM – l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) – ont procédé à une revue approfondie des progrès réalisés dans la mise en œuvre du Plan national de lutte contre la RAM et à l’alimentation de l’outil international TRACSS 2026.
Cette rencontre stratégique a permis d’évaluer de manière concertée les avancées enregistrées par le pays dans la prévention et la lutte contre la résistance aux antimicrobiens, un phénomène qui menace l’efficacité des traitements contre de nombreuses infections et constitue aujourd’hui l’un des principaux défis de santé publique à l’échelle mondiale.
L’outil TRACSS (Tripartite AMR Country Self-Assessment Survey), désormais porté par la Quadripartite, permet aux pays de suivre l’état d’avancement de leurs plans d’action nationaux et d’identifier les domaines nécessitant des efforts supplémentaires. Chaque année, il constitue un cadre de référence important pour évaluer les capacités nationales et orienter les priorités futures.
Aux Comores, cet exercice a mobilisé l’ensemble des acteurs impliqués dans l’approche « Une seule santé », qui reconnaît l’interdépendance entre la santé humaine, la santé animale et l’environnement dans la lutte contre la RAM.
Selon le Dr Ahamada Msa Mliva, chargé de la lutte contre la résistance aux antimicrobiens au Bureau de pays de l’OMS, les résultats de la réunion témoignent d’une forte mobilisation des parties prenantes. « Les résultats attendus ont été atteints, avec un rapport soumis et validé en ligne, témoignant de l’engagement et de la qualité du travail collectif », a-t-il déclaré.
Cette validation représente une étape importante pour les Comores, en permettant au pays de disposer d’une photographie actualisée de ses capacités et de ses réalisations dans le domaine de la lutte contre la RAM.
La résistance aux antimicrobiens ne concerne pas uniquement les établissements de santé. Elle est également influencée par l’usage des antibiotiques dans le secteur de l’élevage, les pratiques agricoles et les facteurs environnementaux. C’est pourquoi les échanges ont mis l’accent sur le renforcement de la coordination entre les différents secteurs concernés.
Pour le Dr Said Hassani, point focal RAM au ministère de la Santé, la qualité des discussions et le niveau d’implication des participants constituent des indicateurs encourageants pour la suite du processus. « La prochaine étape visera le suivi et la mise en œuvre de la feuille de route, incluant notamment le renseignement de la plateforme GLASS-RAM, tout en veillant à l’intégration effective de la santé animale », a-t-il indiqué.
La plateforme GLASS-RAM, mécanisme mondial de surveillance de la résistance aux antimicrobiens soutenu par l’OMS, permet aux pays de collecter et de partager des données essentielles pour mieux comprendre l’évolution de la résistance et orienter les interventions de santé publique.
Au-delà de l’exercice de rapportage, la réunion a également permis d’élaborer les bases d’une feuille de route commune pour les deux prochaines années. Les participants se sont accordés sur plusieurs priorités visant à renforcer la gouvernance, la surveillance, la prévention des infections, l’usage responsable des antimicrobiens et la collaboration intersectorielle.
La Dre Nkurunziza Triphonie, Représentante de l’OMS aux Comores, a salué l’esprit de collaboration qui a marqué les travaux. « La collaboration efficace entre les membres du Quadripartite et les échanges constructifs ont permis de poser les bases d’une feuille de route consensuelle pour 2026-2027, assortie d’actions mesurables », a-t-elle souligné. Elle a par ailleurs encouragé l’ensemble des partenaires à maintenir cette dynamique et à assurer un suivi régulier des engagements pris afin de garantir des résultats concrets et durables.
La résistance aux antimicrobiens survient lorsque des bactéries, virus, champignons ou parasites développent la capacité de résister aux médicaments destinés à les éliminer. Cette situation rend les infections plus difficiles à traiter, augmente les risques de complications et alourdit les coûts des soins.
Face à cette menace, les Comores poursuivent le renforcement de leur réponse nationale à travers une approche intégrée associant les secteurs de la santé humaine, de la santé animale et de l’environnement. L’engagement renouvelé des partenaires du Quadripartite illustre la volonté commune d’accélérer les actions de prévention, de surveillance et de maîtrise de la RAM.
Les travaux de cette semaine démontrent que les progrès dans la lutte contre la résistance aux antimicrobiens reposent avant tout sur la coopération, le partage des responsabilités et la mise en œuvre coordonnée d’actions fondées sur les données probantes. Pour les Comores, la feuille de route élaborée constitue désormais un cadre de référence pour transformer les engagements en résultats tangibles au bénéfice de la santé des populations, des animaux et des écosystèmes.