Séance de sensibilisation des refugies au camp de Bwagiriza

Bwagiriza, un des quatre camps de réfugiés du pays, placés sous la gestion du UNHCR. Le camp de Bwagiriza est situé dans le Centre-Est du Burundi à 170 Km de la capitale Bujumbura. Selon les statistiques, il y aurait quelque 4513 femmes et 4365 hommes, soit environ 9.000 personnes déplacées du Congo (RDC), voisin. Ce matin du 25 août 2017, l’équipe médicale organise une sensibilisation sur le thème : l’automédication et ses méfaits.
 
En cette matinée dans le centre de santé ouvert en 2009, les femmes en majorité sont présentes pour écouter les informations de cette séance de sensibilisation. Nous sommes accueillis par le médecin-chef qui commence par une visite des lieux. On y retrouve les différents services d’une structure de santé aux normes : pédiatrie, nutrition, psychiatrie, maternité, pharmacie, salles de soins pour hommes, femmes et enfants, salles d'observation…
 
La séance de sensibilisation est très animée. Les agents de santé et la chargé de la santé communautaire abordent la thématique du jour et posent des séries de questions aux locataires du camps venus s’informer. Le thème du jour porte sur "l'automédication et ses méfaits". Les échanges sont illustrés par des exemples concrets en Kirundi ou en Swahili, les deux langues qui permettent une bonne communication avec les réfugiés. Les conseils sont donnés par le personnel médical. « Nous vous demandons de ne pas faire de stocks de médicaments dans vos domiciles ou les conditions de stockage ne sont pas adaptées. Dans le même sens, les médicaments ne doivent pas être partagés avec d’autres personnes s’ils présentent des signes qui pourraient être assimilés à la même maladie. Autre conseil, n’achetez pas des médicaments dans le camp…. ».
 
Les séances durent environ 15 à 20 minutes et sont quotidiennes. Savoir saisir les opportunités de communication est important. Du coup, les femmes qui viennent en consultation sont sensibilisées. Pour renforcer ce volet éducation à la santé, l’équipe médicale dispose d’une vingtaine de volontaires communautaires, des animateurs qui vivent dans le camp de réfugiés. Ils y assurent la veille sanitaire et sont de vrais relais pour aider le personnel du centre de santé, qui organise également des sorties hebdomadaires dans le camp, à garder le contact avec les réfugiés. Chaque jours, quelque 40 adultes et 60 adolescents et enfants sont reçus en consultation au centre de santé intégré au camp de réfugiés de Bwagiriza. L’équipe médicale compte 16 agents, sous la supervision d'un médecin.
L’équipe en charge de la sensibilisation et de la santé communautaire souhaiterait bénéficier de plus de soutien en termes de supports de sensibilisation (posters, vidéos, boites à images et des formations, stages ou recyclages), pour la mise à jour de leurs compétences.
 
La visite de l’OMS, en compagnie de l’ONG Italienne Groupe de Volontaires Civils (GVC), un des intervenants  au camp de Bwagiriza s’achève sur une séance de travail avec l’équipe de sensibilisation. Nous discutons de la manière d’améliorer la pratique. L’essentiel des recommandations porte sur la nécessité d’agir de façon stratégique en amont pour permettre aux réfugiés d’acquérir des comportements orientés beaucoup plus vers la prévention. Ainsi, on pourra mesurer l’impact des interventions sur des grandes questions de santé comme la malnutrition, les maladies chroniques, le choléra, le paludisme entre autres. L'OMS prévoit dans cette logique une formation en communication sur le risque qui va réunir les acteurs nationaux intervenants dans les urgences sanitaires. Ce type de formation pourrait être repliqué au bénfice des autres niveaux de la pyramide sanitaire.

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