Prise en charge de la malnutrition aigüe sévère

L’OMS présente les nouvelles directives aux acteurs nationaux

Un atelier sur la présentation des nouvelles directives de prise en charge de la malnutrition aiguë sévère et les outils de formation de l’OMS sur la nutrition des personnes vivant avec le VIH a ouvert ses travaux ce matin, à Abidjan. Il s’agit pour l’Organisation mondiale de la santé de présenter aux acteurs nationaux de la nutrition, les nouveaux critères de prise en charge qui visent à faire baisser, en milieu hospitalier, le taux de létalité à moins de 5%, parmi les enfants souffrant de malnutrition sévère.

Ces nouvelles directives prennent en compte la thérapie ludique, l’association des mères aux soins pour une meilleure récupération mentale et physique de l’enfant, la nutrition et le VIH, la sécurité sanitaire des aliments, les nouvelles orientations sur la prise en charge clinique du traitement des PVVIH et les implications nutritionnelles.

La malnutrition aiguë contribue, chaque année en Afrique, à plus d'un million de décès d'enfants. Les enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère ont une mortalité plus élevée. En effet, compa-rés aux enfants de la même tranche d’âge et ayant un état nutritionnel normal, les enfants affectés d’une malnutrition aiguë ont un risque de décès 5 à 20 fois plus élevé. La malnu-trition aiguë peut être la cause directe du décès de l'enfant, ou il peut agir comme une cause indirecte, en augmentant la létalité chez les enfants souffrant de maladies infantiles courantes telles que la diarrhée et les infections respiratoires aigües.

Dans son allocution de bienvenue, le Représentant de l’OMS en Côte d’Ivoire, Dr Allarangar Yokouidé, a relevé « qu’il est possible de réduire significative-ment les taux de mortalité en traitant les enfants des modifications physio-logiques et métaboliques qui se produisent en cas de malnutrition sévère ». Il a également insisté sur le fait que « la nutrition est fondamen-tale dans la prise en charge des personnes affectées et également pour l’efficacité du traitement médical. La prise en charge médicale, le soutien nutritionnel, l’hygiène alimentaire, l’éducation sanitaire, et bien d’autres aspects sont par conséquent essentiels dans paquet exhaustif de prise en charge et de soutien à apporter à toutes les Personnes vivant avec VIH ».

La première version des modules de l'OMS sur la prise en charge de la malnutrition aiguë sévère a été élaborée en 2002. Depuis, lors, grâce aux résultats de la recherche, la prise en charge des différentes formes de gravité de la malnutrition aiguë a évolué avec une prise en charge surtout communautaire sauf pour les cas sévères compliqués d’affections médicales.

En ouvrant l’atelier, le représentant du Ministre ivoirien de la santé, Dr Assaolé N’Dri David, par ailleurs Directeur de la santé communautaire et de la médecine de proximité, a salué la tenue de cet atelier car « ces nouvelles directives pourraient susciter un changement dans les protocoles et directives nationales ». Il a également rappelé que « la prise en charge de la malnutrition, fait partie du paquet minimum d’activités défini et mise en oeuvre par les établissement sanitaires nationaux ».

En Côte d’Ivoire, l’état nutritionnel des populations vulnérables s’est fortement dégradé durant la décennie de crise socio-politique. La forme la plus courante de ces troubles nutritionnels demeure la malnutrition chronique avec une prévalence atteignant les 30% à 40% dans certaines régions du pays. Quant à la malnutrition aigüe, la situation demeure toujours préoccupante avec un taux de prévalence de 7,1% (EDS 2012) avec des disparités régionales et des taux avoisinant le seul d’urgence de 10%.

Le présent atelier, qui va durer du 17 au 21 juin 2013, bénéficie de l’expertise de l’OMS venue du Bureau régional de l’OMS (Brazzaville), de l’équipe d’appui interpays basée à Ouagadougou et de l’équipe pays d’Abidjan.

Prise en charge de la malnutrition aigüe sévère

 

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